L'EES après le SSK

 

L’EES après le SSK 1

Introduction 1

  1. Bref aperçu historique sur la fondation de l’église évangelique des sacrificateurs 2

Conclusion partielle 

20

La sacrificature en triangle 21

L’EES après le SSK

Introduction

Le 19 février 1999, le Souverain Sacrificateur KADIMA, fondateur de l’Église Évangélique des Sacrificateurs, quitte la terre des humains, en Afrique du Sud. Il laisse derrière lui une œuvre solide : « la Sacrificature royale », dont les membres se particularisent par une foi inébranlable. Avant de tirer sa révérence, il recommande à tous ses disciples, à travers l’expression de sa dernière volonté, « de rester unis, et main dans la main. »

Dix-sept après son décès, il s’observe que la Sacrificature évolue sous forme d’un triangle. Trois ailes se sont constituées avec en tête un fils du Prophète. Le Rsb. BAKENGE KADIMA LUSE, qui n’a pas accepté sa déchéance en 2007 a décidé par défi de demeurer Représentant légal à la tête d’un groupe des fidèles acquis à sa cause. Il a érigé son siège à Mbuji-Mayi, à la colline de Diyeba.

Son frère, le Rsb. KADIMA WA KADIMA LUSE, accusé à tort ou à raison du déviationnisme par son jeune frère KADIMA II WA KADIMA LUSE en 2013, l’a contraint à quitter la Colline sacrée Bushale Buamba pour aller s’installer dans la concession de l’Église située dans Commune de la Ndesha qu’il a baptisée sous le nom de colline de Talangayi.

Cette métamorphose de la Sacrificature unie, léguée par le fondateur en une sacrificatrice divisée en trois ailes fait débat. Elle alimente les discussions, les échanges, les réflexions et des sacrificateurs eux-mêmes et de non-sacrificateurs qui ont admiré la Sacrificature dirigée de main de maître par son fondateur.

Tous les débats engagés se résument en deux préoccupations ci-après : 

-Peut-on imaginer un jour, le retour aux fondamentaux de la Sacrificature, à savoir, l’unité, l’harmonie, le respect de l’orthodoxie doctrinale, bref de faire un retour au cercle. 

-Peut-on croire que les trois côtés du triangle sont irréconciliables et que la Sacrificature est condamnée à évoluer jusqu’à jamais dans la division et dans la haine ! Au point de voir le peuple sacrificateur jugé devant le tribunal de l’histoire ?

Telle est la préoccupation profonde de notre ouvrage. Mais avant d’y répondre, il paraît indiquer de parler succinctement de l’aperçu historique de la sacrificature de la création en novembre 1963 jusqu’en novembre 1999. Ensuite, il y a lieu de s’appesantir, les causes profondes de la genèse du triangle et sur enfin, tirer les leçons qui s’imposent.

RSB. KAMBALA NKONGOLO

Membre du Collège Sacerdotal

I. Bref aperçu historique sur la fondation de l’église évangelique des sacrificateurs

  • Récit de la révélation

La fondation de l’Église Évangelique des Sacrificateurs remonte à l’année 1963. D’abord au mois de février, Kadima Bakenge Musangilayi William Billy vit en songe le Ciel s’ouvrir, et une colonne de colombe blanche descendre et se poser sur le toit de sa maison. La fille ainée Kapinga Kadima Luse Naomi en prit une, et la posa sur son épaule gauche, tandis que son fils Bakenge Kadima Luse Claude en prit une autre et la mit sur l’épaule droite. Ainsi se termina le songe.

Ensuite, 9 mois après, le 19 novembre, il reçoit l’appel de Dieu à travers la Parole et les visions extatiques. Cette révélation bouleverse sa vie. Il est conduit à l’hôpital de la BCK, actuelle SNCC pour une prétendue folie. Après ce jour d’internement, il regagne son domicile. Il reste très calme tout au long des journées, lit beaucoup, et observe lentement de longues heures le soleil.

En 1964, le Prophète Kadima Bakenge Musangilayi commence une croisade dans les différentes sectes religieuses de la Ville de Kananga puis, il adhère à l’Église Apostolique. Là, on le surnomme BABA DANIEL. D’autres personnes se rallient à lui telles que Kabasele Tshibola, et Nkubi Yakobo.

En 1967, plusieurs responsables des sectes visitées acceptent de créer ensemble avec lui le Conseil Supérieur des Sacrificateurs en Jésus Christ.

  • De la création du conseil supérieur des sacrificateurs et de l’institut supérieur de théologie

La manifestation de Dieu au prophète Kadima en novembre 1963 constitue le premier stade de l’expérience religieuse que va vivre le noyau initial d’adeptes qu’il attire autour de sa personne, en commençant par sa famille et auquel il révèle et interprète la quintessence de son message.

Pour ses parents, les amis et connaissances, il s’était simplement lancé dans un blasphème sans issue ou tout naturellement il était atteint de troubles mentaux, raison pour laquelle il a été conduit à l’hôpital sous prétexte de folie ainsi que nous l’avons déjà précisé.

En 1964, le prophète Kadima se lance dans la vulgarisation du message divin reçu. Il sillonne tous les milieux religieux en prônant la transformation intégrale de l’homme pécheur en un homme nouveau ainsi que l’unité de l’Église du Christ. Plusieurs personnes provenant des différentes Églises et sectes religieuses de la place trouvent de l’intérêt dans le message et finissent par y croire.

Pour rendre plus concrète l’unité de la foi qu’il prêchait, le prophète Kadima tente d’unifier toutes les sectes religieuses de la villa de louluabourg et crée en 1965 un conseil des églises indépendantes dénommées Conseil Supérieur des Sacrificateurs pour l’unité de l’église du christ, lequel regroupait ¨plus de 125 églises et qui s’était assigné comme but de prôner l’unité chrétienne qui impose une consolidation des liens d’entente et d’amour, de collaboration et d’entraide, d’étude biblique et de prière.

Au fil du temps, le Conseil était devenu un véritable lieu de rencontre et d’échange des connaissances et d’expérience où chaque représentant expliquait et exposait sa vocation, l’origine de son don spirituel et la façon dont il les utilisait au service de sa communauté.

Au cours de cette même année, le Prophète, il crée une école de théologie qu’il baptise : « INSTITUT SUPÉRIEUR DES SACRIFICATEURS » dont l’objet consistait à aider les représentants et fondateurs de ses différentes communautés et de leur apprendre comment ils devaient partager leurs dons spirituels les uns et les autres profits de l’Église universelle.

Le Conseil va fonctionner normalement jusqu’en 1969. Les visites des personnalités des différentes personnalités étrangères, particulièrement les chercheurs rendus au prophète Kadima tel que : Mr CRENER et MADEMOISELLE FOX respectivement sociologue belge et américaine, MONSIEUR DAVID BARRET, docteur en théologie et délégué du Conseil Œcuménique des églises à Genève, MONSIEUR DAVIS de l’université de Harvard d’États-Unis, apportèrent un souffle nouveau à la dynamique du Conseil. 

Au cours de la même année, le premier sacrificateur MARC DANIEL KADIMA avait, par attestation N°015/COSSEUJCA/69, autorisé le sacrificateur IGNACE KALALA MUAMBA MUNDI de propager l’évangélisation œcuménique des sacrificateurs basés sur le christianisme dans le territoire de Luebo. 

Et date du 1er AVRIL 1970, il créera le poste de directeur de l’aumônerie qu’il confiera à ce dernier et à qui il fit obligation de se conformer aux statuts et au règlement d’ordre intérieur, de manifester avant tout son respect par soi-même, et ensuite envers les autorités religieuses supérieures et les tiers.

À partir de ce moment, certains responsables religieux, membres du Conseil, sentent le risque qu’ils courraient de perdre leur leadership. En ce moment une grosse controverse née dans le Conseil en ce sens qu’un camp soutient la thèse de l’élection du président du conseil tandis que l’autre pose comme principe du maintien du prophète Kadima en qualité de président, envoyé de Dieu et fondateur. 

C’est ainsi que le conseil se disloque en deux tendances dont l’une qualifiée péjorativement de mineur reste attachée au prophète Kadima et se convertissent à la sacrificature royale. Il s’agit de :

  • KABASELE TSHIPAMBA
  • TSHINGAMBU MUANZA MANDE
  • KABANGU JEAN PAUL
  • MUKENDI NGINDU
  • KANKONDE NTUMBA
  • KALALA MUAMBA MUNDI
  • TSHIMBUMBU ALPHONSE
  • KAPUKU MUFUTA
  • MPUNGU UTSHU
  • MUKENGE MPENGE
  • TSHIBI TSHIABU ETIENNE
  • MUAMBA ADOLPHE
  • BAMOYO KANYINKU
  • KUMUAMBA RAYMOND
  • KUBI EMANUEL
  • TSHIMANGA KANKONDE

Le groupe du conseil supérieur des sacrificateurs resté fidèle au Prophète Kadima prend de l’ampleur et la forme d’une véritable communauté religieuse sans la dénomination précise et personnalité civile, mais qui exerce ses activités sous forme de groupe de prière.

  • À l’école unie de théologie de ndesha

En 1973, Kadima Muakuidi décide de subir un test d’admission à l’école unie de théologie de la ndesha. Mais une année avant, en absence de son premier fils Bekenge qui avait quitté le toit paternel pour Kinshasa, Kadima Muakuidi choisit son fils KADIMA WA KADIMA Luse pour l’accompagner à Tshipaka. 

Le voyage s’effectue par route. Pendant que le véhicule amorce difficilement la montée d’une pente, le père tape sur la jambe de son fils et lui lâche : un jour tu iras m’accompagner dans un long voyage. Nous allons y revenir. 

Arrivés à Tshikapa, ils se rendent chez la jeune sœur de Kadima Muakuidi, Louise Babake Bakenge. Là, Kadima wa Kadima est surpris de voir une fille qui lui ressemble parfaitement. C’est sa demi-sœur Luse issue de l’union de Kadima Muakuidi avec dame ODIA. Après ce bref séjour de Tshikapa, la délégation regagne Kananga.

Avant de revenir au dossier de l’inscription de Kadima Muakuidi, il sied de signaler que déjà en 1969, Kadima Muakuidi fait connaissance avec Muambi MUKEBA d’origine américaine qui publie peu après un livre intitulé «  The windows of Africa » dans le lequel il parle de Kadima Muakuidi et de son école de mystère. 

C’est donc ce muambi MUKEBA qui recommande à son Excellence Monseigneur Bokele Eale de suggérer a Kadima Muakuidi de se former en théologie. Monseigneur Bokele Eale à son tour transmet la recommandation au représentant provincial de l’Église du christ au Congo, le pasteur Kabeya Mukita Ngandu, qui aussitôt s’exécute. Voilà les circonstances dans lesquelles le révélé Kadima prend son inscription à l’école unie de théologie de la Ndesha. Il se présente au test d’admission et réussit avec brio.

Kadima Muakuidi commence alors les études. Son discours intéresse et captive ses collègues étudiants dont l’un d’eux Lumanisha Muteba étudiant en deuxième se rattache foncièrement à lui. En effet, tourmenté par la stérilité de son épouse et la maladie dont elle était internée au centre neuropsychiatrique de KATUAMBI, Lumanisha Muteba est conseillé par son oncle de rencontrer l’étudiant Kadima qui prie pour lui avec imposition des mains et lui remis l’eau  bénite dans un récipient. 

Au grand étonnement de tous, l’épouse de Lumanisha est guérie de sa folie et conçoit après plusieurs années de stérilité. Ce miracle attire quatre autres étudiants: Tshisekedi Kabukula, Kabeya Mukenge Tshipuishi, Mutombo Nkuni wa Kalombo, et Tshiabola Luaba. Pendant ce temps, l’étudiant Kadima devient un élément gênant, dangereux troublant l’évangélisation protestante.

La présence au camp de cet étudiant fait l’objet de grosses polémiques. D’où est née l’idée de l’inviter à animer une conférence sur sa révélation. Le jeune Kadima wa Kadima est aussi associé aux préparatifs. Comme il avait parfaitement maîtrisé l’accordéon que lui cédait chaque week-end le pasteur Mpongolo lorsqu’il venait rendre visite aux parents au camp des étudiants. À la fin de la conférence, le jeune KADIMA agrémente, avec l’accordéon de MPONGOLO les moments de partage d’un verre, organisé pour cette circonstance.

La conférence qui est modérée par le professeur Wakuteka et introduite par le célèbre chant protestant « grand Dieu nous te bénissons… » Après le brillant exposé de l’étudiant intervient le débat à l’issue duquel le pasteur Kabengele Dibwe Jama pose au conférencier Kadima la question de savoir s’il pouvait affirmer qu’il était sacrificateur du rang de Jésus. 

Kadima répond de manière confortablement déconcertante : « ce n’est pas moi qui le dis ». Le pasteur KABENGELE termine son intervention en annonçant qu’il était mis fin aux études de Kadima Muakidi. La conférence se termine par un cocktail. Kadima est exclu. Il est à nouveau recommandé ailleurs.

Dans l’objectif de poursuivre la formation déjà entamée en théologie, Kadima Muakuidi par une chance exceptionnelle est réinscrit à l’Institut de théologie de Mulunguishi au Katanga. Une fois arrivé, l’étudiant Kadima reçoit le pasteur-intendant de l’école du nom de Kankunku qui lui pose le problème de la procréation. 

Un autre miracle se produit comme à l’école unie de théologie, le pasteur américain devint père et resta très attaché à la personne de l’étudiant Kadima. À la fin des études, une cérémonie de proclamation des pasteurs est organisée. Plusieurs disciples du Prophète venus de Kananga et de Lubumbashi assistent à la cérémonie. 

Kadima Muakuidi est collé au grade de gradué en théologie et termine sa formation avec mention distinction au grand étonnement et à la grande satisfaction de tous. Le lendemain, toute la délégation part  à Lubumbashi où les réjouissances sont organisées pour célébrer la fin honorable des études sous la houlette du révérend sacrificateur Ngindu Kalamba déjà converti en 1972 à Kananga et qui avait déjà converti quelques fidèles à la cause de la Sacrificature, dont Ntumba Kabamba, Muamba Bilolo, Kabamba Kasongo, Ndaye Ntambue, Ntumba Bakatusunga…

Après ses études de théologie, Kadima Muakuidi regagne Kananga en juillet 1977, où il est accueilli en triomphe par les fidèles.

  • En route vers l’obtention de la personnalité juridique

Au mois de juillet 1977, une session du synode provincial de l’Église du christ au Congo s’ouvre à Mukamba. Kadima Muakuidi se décide de s’y rendre pour présenter sa gratitude à Monseigneur Bokele Eale. Il est accompagné de six fidèles entre autres Tshisekedi Kabukula, Kabeya Kapros, Kabeya Lukengu et Muamba Mantu Ka Njila… quand la délégation arrive à Munkamba elle est accueillie très chaleureusement par le président de l’Église du Christ au Congo qui saute de joie à même le cou de l’ancien étudiant qui lui remet immédiatement la photocopie de son diplôme et un exemplaire de son travail de fin de cycle. 

Après ce chaud accueil, il dit au révélé Kadima de ne point rentre aussitôt à Kananga étant donné qu’une réunion extraordinaire du synode devrait se tenir. À l’issue de la réunion le 31 juillet 1977, une décision tombe: il est octroyé à Kadima Muakuidi la communauté au sein de l’ECZ.

De retour à Kananga, la nouvelle communauté débute ainsi ses activités. Les conversions se font en nombre illimité, les activités prennent un tournant décisif et une très grande ampleur ailleurs et à Kananga. En novembre 1978 il est procédé à la célébration de la première pâque à la ferme du pasteur Kabeya Mukita Ngandu ou un oracle célèbre du prophète … dit  à Kadima que-moi ton père je ne t’ai pas donné une communauté, mais une église.

Le trois janvier 1979, une ordonnance du Président fondateur du Mouvement populaire de la Révolution interdit l’exercice du culte par les sectes religieuses. La Communauté évangélique des sacrificateurs est du nombre. 

Le prophète se décide d’aller à Kinshasa pour suivre de plus près les travaux du synode national qui devait statuer définitivement sur le sort de la communauté au regard de l’ordonnance présidentielle, le Souverain Sacrificateur est invité curieusement à la paroisse internationale protestante par le pasteur Kalonji Mutambayi wa pasteur Kabongo pour dire la prédication. 

Dans son homélie, Kadima Muakuidi remue le couteau dans la plaie. Il prêche sur le thème intitulé l’hypocrisie du protestantisme. La suite ne se fait pas attendre, le synode lâche la 73e communauté. Dès ce jour-là, le Souverain Sacrificateur entouré des quelques disciples se replie sous un arbre et confesse : Mon père je me suis laissé conduire par les hommes contre ta volonté. Accepte ma repentance. Dès ce jour l’action de Kadima Muakuidi est réorientée. 

Les cultes se tiennent chaque dimanche à la résidence du Rsb Mutuambile Tshilombueshi Balekekelayi. L’oracle de Dieu monte en puissance. Une année, l’État congolais octroie la personnalité juridique à l’association sans but lucratif dénommée Église Évangelique des sacrificateurs par ordonnance présidentielle n° 80/123 du trente avril 1980.

À partir de cette période, le fondement doctrinal de l’Église est bouleversé. L’oracle de Dieu confirme que Kadima Muakuidi est le Christ du second avènement et lui exige le port d’une tenue sacerdotale appropriée et l’implantation d’un drapeau symbolisant le nouveau règne du Christ sur terre.  

La maquette d’un drapeau avec fond rouge et blanc teinté de sept étoiles et du signe de main dans la main est conçue par le dessinateur maison : KADIMA WA KADIMA LUSE, qui conçoit tous les modèles : le drapeau, la tenue, le mètre. Puis présenté au Souverain Sacrificateur un modèle de costume et d’un mètre. Dès que le modèle est accepté, il se charge de la couture et du dessin. 

Le premier costume est confectionné par le couturier VIANA. Il est de couleur beige et drapé des couleurs de l’arc en ciel aux avant-bras. Après un cycle des prières organisées en guise d’action de grâce à la colline de Masina débaptisée hôtel intercontinental pour la circonstance, il regagne triomphalement Kananga.

  • Une histoire rocambolesque : Kadima muakuidi à la barre

Après l’obtention de la personnalité juridique, la nouvelle Église connaît un vaste mouvement de conversion massive des fidèles. Kadima Muakuidi est en passe de conquérir le leadership religieux au Kasaï occidental et presque partout au pays au point de qu’il était devenu un élément véritablement gênant et dangereux aux yeux des politiciens de sa province à qui il a coupé tout le sommeil. Ces derniers constituèrent alors un front commun avec les autorités religieuses pour faire ombrage et obstacle à l’ascension du phénomène Muakuidi Kadima.

En 1982, quelques sacrificateurs sont candidats aux élections législatives pour la circonscription électorale ville de Kananga entre autres, Kadima Ndumba, Ilunga Mubabinge, Kabasele Muamba, et Kanyinda Luvungula. À la publication des résultats, seul KADIMA NDUMBA est élu député. Ces candidats malheureux sont foncièrement déçus. Ilunga Mubabinge n’hésite pas de s’en prendre virulemment au Souverain Sacrificateurs pour n’avoir pas donné une consigne de vote claire en sa faveur aux sacrificateurs.

Une histoire rocambolesque débute. En complicité avec le front commun déjà constitué. Il monte une cabale pour destituer le Souverain Sacrificateurs Kadima de son fauteuil de Représentant légal Fondateur en mettant en scelle un frère du terroir Ngombe Mubiayi Wa Ntumba en vue de se repositionner pour les échéances de 1987. 

Quelques proches du prophète Kadima sont recrutés pour réaliser la sale besogne, notamment son propre directeur de cabinet, le RSB BIDUAYA MULAMBA Bidios et bien d’autres alléchés par des promesses des politiciens. Dieu, merci en 1984, un ami à Kadima wa Kadima du nom de Muanza Shikayi Donat qui habitait chez un des conspirateurs Nkongolo Mulele, l’interpelle au sujet des réunions qui se tiennent chez son oncle auxquelles participent Ngombe Mubiayi wa Ntumba et où on cite abondamment le Prophète Kadima.

Quelques semaines plus tard, la conspiration apparaît au grand jour. Un jeune frère à Ilunga Mubabinge s’en va en guerre contre le chef du diocèse de Kinshasa le Rsb Kabeya Mukenge Tshipuidishi dans la parcelle qui abrite le lieu de culte et les résidences des missionnaires. Il saute sur lui telle une bête féroce et le met copieusement à tabac. 

Kadima wa kadima, alors porte-parole du collège, ne supporte pas cette humiliation et s’amène au bureau de Ilunga en compagnie du secrétaire de Diocèse Yamba Nshilayi pour se plaindre contre l’acte odieux commis par son frère. Là, ils surprennent le grand Chef Kalamba Muanangana, Ngombe Mubiayi, Biduaya Mulamba, Nkongolo Mulele, Bapa Mbanze, les membres du Comité Central du MPR, comploter pour faire arrêter KADIMA et faire passer Ngombe.

A peine que Kadima wa Kadima termine l’exposé du motif de sa visite, Ilunga Mubabinge se met à pleurer. Ngombe à son tour s’en prend à Yamba Shilayi pour avoir fait verser les larmes à une grande Notabilité. Non content de cette apostrophe, Kadima wa Kadima l’interrompt et lui fait observer que c’était plutôt à lui qu’il devait s’attaquer et non à Yamba. Au sortir de la rencontre le secrétaire de Ilunga Mubabinge, 

  1. KABAMBA, retient Kadima à la main et lui souffle à l’oreille : « le problème est très sérieux, j’ai dactylographié le procès-verbal de l’Assemblée Générale extraordinaire destituant ton père et certains de ses collaborateurs dans ce bureau. Au moment où je te parle, le dossier est déjà transmis au ministère de la Justice ». 

Très vite, il avertit le chef de Diocèse Kabeya Mukenge Tshipuishi qui lui suggère de courir au Ministère de la justice pour vérifier la situation et là, ils rencontrent par bonheur  Monsieur  Osangombe de la deuxième Direction chargée des cultes et associations qui avaient en son temps procédé à la notification de l’ordonnance N°80/123 accordant la personnalité juridique à l’Église Évangélique des Sacrificateurs. 

Ce dernier confirme l’information et précise que le dossier était effectivement passé au Secrétariat général de la Justice qui avait ensuite préparé un projet d’arrêté et transmis cela au Cabinet du ministre de la Justice, le Professeur BAYONA.

Monsieur OSANGOMBE, va leur proposer un idéal afin d’étouffer cette conspiration maléfique et bloquer la machine. Il suggère de trouver des moyens financiers pour réussir cette démarche. Kadima wa Kadima et son compagnon Kabeya Mukenge vont rencontrer Kanku Ntuite et l’Honorable Kadima Ndumba qui mettent la main à la poche. 

Toutefois, le tandem KADIMA et KABEYA avait pris la précaution de ne pas dévoiler la contre-attaque à qui que ce soit, de peur de ne pas tomber dans la gueule du loup. Le lendemain, OSANGOMBE les met à la disposition de Monsieur ONEMA un frère au Ministre Bayona. La cabale est déjouée. Le Ministre se trouve dans l’impossibilité de signer un arrêté sur base d’un dossier déposé en photocopie libre. La machine est bloquée.

Cela fait, KADIMA WA KADIMA LUSE qui était Porte-Parole du Collège Sacerdotal à Kinshasa convoque une réunion extraordinaire d’urgence au domicile du Rsb Kabeya Kadiobo, dans la Commune de BARUMBU/Quartier Beau Marché où était logé KANKU NTUITE et Ngombe Mubiayi qui était passé par là par hasard refuse poliment de prendre part à cette réunion de crise. 

Il faut signaler que par mesure de précaution tous azimuts, KADIMA WA KADIMA a limité cette réunion à 3 personnes : KABEYA MUKENGE TSHIPUIDISHI et KANKU NTUITE. La principale raison était d’entendre NGOMBE sur une attitude distante qu’il observait depuis un certain temps vis-à-vis de l’église alors qu’il en était un des piliers principaux.

Au refus de ce dernier d’assister à la réunion,  une mesure de suspension à son égard a été prise par le Porte-Parole du Collège et ensuite il a été décidé de dépêcher d’urgence le chef de Diocèse à Kananga auprès du Souverain Sacrificateur Kadima pour lui faire rapport de toutes les découvertes. C’était jeudi soir.

Le vendredi matin, Kabeya Mukenge embarque pour Kananga où il trouve le Souverain Sacrificateur en plein culte de méditation matinale. À sa descente du véhicule, l’oracle de Dieu annonçait déjà : « Meme Kadima Muakuidi Ndi Muibi Mukulu… ».

Après l’oracle de Dieu, Kadima Muakuidi descend de la chaire et se retire avec son hôte dans son bureau où il lui tient informé à huis clos de l’objet de la mission éclaire. Aussitôt fait, ils regagnent le culte et une réunion urgente du collège sacerdotal est convoquée la nuit de ce vendredi-là. Au cours de celle-ci le Souverain Sacrificateur révèle l’objet de la réunion à l’issue de laquelle il est décrété trois de prière. 

À la fin de cette prière, le collège sacerdotal entérine la décision du Souverain Sacrificateur d’excommunier Le frondeur Ngombe Mubiayi. C’est ainsi que le chef de diocèse de Kinshasa regagne la capitale et communique au cours du culte peu avant la bénédiction les décisions prises à Kananga. Après le culte, Ngombe prend son courage, il s’approche du chef de Diocèse KABEYA MUKENGE TSHIPUIDISHI et lui lance : « Kananga kaka njandula kadi wewe waku ntonkola. Mpindieu ndi Mpatukila patoke, s’il vous plaît », ce qui veut dire « Kananga ne m’avait pas découvert, mais toi tu es parvenu à me neutraliser, mais à présent, je vais m’afficher au grand jour ».

Le dimanche de la même semaine, une autre réunion restreinte se tient au tour du diocèse en vue d’échanger au sujet des préoccupations formulées par le RSB Maître KABEYA LUABEYA, avocat conseil de l’église. Lorsque ce dernier découvre l’existence d’une fausse signature de son grand frère Bukasa Luabeya sur le procès-verbal de prétendue assemblée générale, il suggère à l’équipe de porter immédiatement plainte pour faux en écriture. L’idée est adoptée et l’on y ajoute aussi celle de saisir le ministère de la Justice pour dénoncer la supercherie.

Entre temps, le dossier déposé pour obtenir l’arrêté ministériel est retourné au Secrétariat général de la Justice par le ministère pour absence de l’original, car tout était en photocopie. Lorsque la bande à Ngombe est informée, elle cite directement le Souverain Sacrificateur qui était arrivé une semaine auparavant à Kinshasa, au Tribunal de paix de Kasa Vubu sur Avenue Assosa, pour la disparition du dossier dans le cabinet du ministre de la Justice.

Ainsi, Kadima Muakuidi comparaît comme prévenu au Tribunal de Paix de Kasa Vubu, assisté de Maître KABEYA LUABEYA et son fils KADIMA WA KADIMA LUSE qui était directeur de Presse de l’église ainsi que le chef de diocèse KABEYA M.T comparaissent comme témoin à charge. 

En face d’eux, la partie adverse était représentée par NNGOMBE MUBIAYI WA NTUMBA, assisté par Maître TSHIYOMBO NKONGOLO WA BITOTA et du défenseur judiciaire BAKAJIKA KANKONDE. En pleine audience, la composition pose la question à KADIMA WA KADIMA LUSE de savoir comment il avait su qu’une fausse Assemblée Générale s’était tenue pour qu’il ait pu dénoncer cela dans le journal ELIMA. 

Kadima répond qu’il avait acheté l’information auprès de Ngombe Mubiayi wa Ntumba moyennant une somme d’argent et à titre de preuve, il ouvre son porte document et brandit une décharge de 30.000 zaïre signée de la main de Ngomge Mubiayi qui la reconnaît aussitôt. 

Devant toute l’assistance NGOMBE est confus et tente par tous les moyens d’expliquer que la décharge était réelle, mais le motif était différent, trop tard, le tribunal avait donc acté que le vendeur de l’information était bel et bien le conspirateur lui-même qui avait trahit par ce fait, toute sa bande. Le procès était fini. Kadima Muakuidi est acquitté faute de preuve.

Et pendant ce temps l’autre tribunal, celui de MATETE où l’église avait porté plainte pour usage de faux, exige la production du vrai, c’est-à-dire l’original du Procès-Verbal où les signatures étaient imitées, pour établir le faux. Chose impossible, l’original ayant été déposé au ministère de la Justice et disparu. Le deuxième procès se termine aussi par un acquittement.

Après ces deux procès, le Maréchal Mobutu alors ministre de la Justice après avoir déposé le Professeur BAYONA, instruit le Secrétariat général à la justice qui est dirigé par le professeur KASONGO MUDINGE d’inviter les deux camps pour une confrontation, tellement le dossier avait pris des dimensions politiques très dangereuses, surtout que KADIMA MUAKUIDI était accusé de monter une partie politique et que déjà il imitait le maréchal dans sa tenue vestimentaire ! 

Aussi, Kadima Muakuidi est reproché d’avoir modifié la doctrine, de mauvaise gestion, du port d’une tenue semblable à celle du maréchal afin de lui voler la vedette. IL se défend et désillusionne tous ces détracteurs. À la fin de la confrontation Kabeya Mukenge est repris par un magistrat pour être confronté à Monsieur Malemboso devant le Secrétaire d’État PANZU pour légalisation frauduleuse des documents. 

Il se défend jusqu’à une heure du matin puis relâché. Cette épreuve dure de foi réussie, le directeur de presse de l’EES, KADIMA WA KADIMA LUSE propose Souverain Sacrificateur d’organiser un sermon public à Kinshasa, en vue de réparer son image dans l’opinion qui était ternie par toutes les allégations et les faux bruits qui ont entouré toute cette affaire pendant toute l’année 1984, ce qui fut fait le dimanche 17 février 1985 dans la salle du Zoo à Kinshasa, ce que nous verrons au point suivant.

Après ces péripéties, Kadima Muakuidi regagne triomphalement Kananga où il est accueilli par les cris de joie sous le rythme du cantique « Kadima wa kubinga wa kubingisha siona ne bukua bisamba » qui signifie, KADIMA a triomphé, il également fait triompher Kananga et même les différents peuples.

  • Le sermon public

Après tout le cycle des procès et des attaques de tous bords et de tous genres, le Prophète Kadima rentre à Kananga en triomphe en novembre 1984 ainsi que nous l’avons dit. Peu après la fête pascale de cette année-là, il retourne à Kinshasa au mois de décembre. Kadima wa Kadima lui propose l’organisation d’un sermon public pour laver l’affront après tous les coups subis en 1984. 

Dans un premier temps, le Souverain rejette énergiquement la fameuse proposition qu’il juge provocatrice, coûteuse et susceptible d’engendrer encore d’autres conflits. Deux semaines après, il le relance sur le projet. Kadima wa Kadima lui explique le bien-fondé de l’idée révolutionnaire. Il justifie le contexte et le Souverain en sort convaincu et le charge d’en assurer l’organisation.

Sur ce, les préparatifs débutent. La première tâche était la location du lieu de la manifestation ainsi que la remise de l’invitation à réserver au maréchal MOBUTU. La salle de Congrès du Palais du Peuple est retenue et l’argent aussitôt versé 27000 zaïres entre les de monsieur Eyenga, l’époux Soki Fuani. La deuxième tâche s’en suivit, l’invitation du Président de la République. 

Tout de suite elle est élaborée et déposée à la Présidence de la République, au mont Ngaliema, le 5 janvier 1985 par KADIMA WA KADIMA lui-même, entre les mains de l’ambassadeur MENA du protocole d’État. La date du sermon est fixée pour le dimanche 17 février 1985.

Les communiqués fusent de partout, toute la capitale est en ébullition, toute l’Église est mobilisée. Les délégations arrivent de partout. Mais hélas ! le samedi 15 février à 20h00 un communiqué surprenant est diffusé sur les ondes de la Radiotélévision nationale par la voix du journaliste KASONGO MWEMA YAMBA YAMBA, interdisant la tenue au Palais du Peuple de toutes manifestations publiques en dehors de celles du Mouvement populaire de la Révolution.

Le sang tourné dans la tête du Président de la commission chargée de l’organisation qui se décide le samedi à la première heure de se rendre au Palais du Peuple en vue de protester contre ce qu’il qualifie d’un coup de poignard.

Le samedi matin donc Kadima wa Kadima s’emmène avec les RSB, Muamba Kantu Ka Njila, Ntambwue Mbayi et Kayembe Kabamba. Le gestionnaire du Palais du Peuple, EYENGA le reçoit aussitôt et répond qu’il est désolé, confirmant ainsi le communiqué de la veille. Selon lui il s’agit des instructions venues d’en haut et auxquelles l’on ne peut déroger.

Du coup, KADIMA WA KADIMA et sa délégation décident de monter sur le champ à la Présidence de la République, au mont Ngaliema, afin de demander ce qu’il en est au juste au protocole d’État.

Arrivé à la présidence, l’Ambassadeur Mena est malheureusement absent. Diantre ? Une liaison téléphonique est créée, mais en vain Mena ne sait pas échanger avec ses interlocuteurs en profondeur puisqu’il se trouvait à la maison civile du Maréchal. 

De retour au cabinet, après une chaude empoignade, il dit à Kadima que le maréchal avait déjà prévu de répondre à l’invitation, mais seulement quand il a appris le communiqué du Palais du Peuple, il a décommandé sa participation.

Blessé et déçu, Kadima va courir vers la salle de Zoo où il connaît le gestionnaire pour au moins une salle de substitution, cela en moins de 24 heures du sermon. Il est 13hoo. Tout le monde à la résidence du Souverain Sacrificateur attend, les cœurs suspendus, la suite des démarches. Arrivé à la salle du Zoo, il est reçu par le gestionnaire qui est en fait un ami à lui et ce dernier lui octroie sans hésitation la salle au prix de 7ooo zaïres sous motif de venir y organiser un festival des chorales.

Après ce ouf de soulagement, une autre préoccupation majeure s’ajoute : aller à l’Office zaïrois de Radio et Télévision pour prévenir que la manifestation qui était prévue au Palais du Peuple, est délocalisée et se tiendra dans la salle du Zoo toujours à partir de 8h00, d’autant plus que tous les frais y relatifs étaient déjà payés. 

Aussi, il fallait faire passer un communiqué relatif à la délocalisation de la manifestation. Là, là chose ne semble pas aussi facile. Kadima wa Kadima est apostrophé par son grand ami KUEBE KIMPELE, directeur des informations à la radio, qui lui fait lire un communiqué amer, signé de la main du Délégué général de l’OZRT, Mavungu Malanda Mamongo d’après lequel un embargo total est décrété sur tout ce qui concerne le prophète Kadima.

KWEBE ajoute : « Mon cher Willy, je ne sais pas t’expliquer ; les coups de fil tombent de partout. Diangenda a appelé au sujet de ton Père, le Cardinal Malula, Monseigneur Bokele Aele. Qu’est-ce qui se passe ? ». Kadima wa Kadima Luse (Willy c’est son prénom) mesure l’ampleur du combat. Mais dans l’entre temps, il supplie son ami à ce qu’alors, il soit lancé et ne fut-ce qu’un communiqué portant délocalisation du sermon.

KWEBE voulant satisfaire son ami Willy, s’en refaire à un autre Directeur de la branche TV, Tshilonda Tshia Mulamba qui lui rétorque que : « le PDG a dit pas question ».

 Kadima wa Kadima devient fou de rage, et se reprend aussi vite. Il se décide alors de se rendre au studio 2, à la RENAPEC, où il avait déjà payé les frais pour un reportage vidéo à garder dans les archives de l’église. Là, il trouve un frère Kasaien, Tshitenge Nsana. 

Il lui expose toute la douleur. Son nouvel interlocuteur ne tarde pas à lui exprimer sa désolation. « Willy, mon frère, dit-il, la hiérarchie m’a instruit de pas déployer une équipe pour couvrir votre manifestation ». Kadima wa Kadima ne sait plus se contenir, il craque, et tombe très fortement en sanglots. Tshitenge tente en vain de le consoler en lui disant que : « mon frère, nous subissons de graves pressions autour de cette affaire ». Ainsi dit Kadima wa Kadima retourne au studio 1 pour dire au revoir à ses amis Nkuebe et Kena Tshialy, Tshilonda et consort et aussi leur exprimer sa peine.

Pris de compassion, KWEBE le met en contact avec le Cameraman KABAKODI qui accepte le marché afin de filmer à titre personnel l’évènement. C’est ainsi que KADIMA décide de ne point lâcher ce dernier. Ils s’en vont tous dans la Commune de Lemba pour se rassurer de la disponibilité de la caméra. De Lemba Kadima wa Kadima avec toute son équipe regagne la résidence pour faire rapport au Souverain Sacrificateur.

Dès que ce dernier les aperçoit, il se mit à rigoler. Après avoir présenté tout le rapport, le Souverain conclut par la prière. Dans la soirée, Kadima wa Kadima se rend à la Salle de Zoo pour le réveillon de préparation, avant d’y aller, il finit de coudre, assisté de Muanabute KAPINGA KADIMA LUSE, le mythre que le Souverain va porter au sermon. Les instruments loués à l’Institut National des Arts sont installés.

La répétition est lancée. Le dimanche matin, la chorale Arc-en-ciel est rejointe par la chorale LES VAGABONS DU CIEL, du feu Charles Mombaya, de l’Armée du salut. Mais, dans la soirée, peu avant de quitter la maison pour la salle du Zoo, un homme est terriblement agressé par les bandits dans l’obscurité en dessous du pont Matete juste devant l’église. 

Chemise déchirée, il trouve refuge à la résidence. L’avant-dernier malheur de cet épisode est annoncé, cet homme c’est Kabakodi, le cameraman qui est copieusement tabassé par les bardots et lui ont même arraché la caméra.

Le lundi 17 février, le matin, une équipe des protocoles de l’Église est dépêchée au palais du peuple pour orienter les invités vers la Salle du Zoo. Là, le dernier malheur arrive. Une cohorte des éléments de la Garde civile ceinture l’enceinte du palais au motif qu’un groupe de rebelles s’apprêterait à prendre d’assaut le palais du peuple. Les protocoles sont pris en sandwich et sérieusement frappés. 

Malgré tous ces blocages, la conférence a bel et bien eu lieu. Le Souverain Sacrficateur Kadima a entretenu son public venu nombreux, dans une salle de zoo pleine à craquer sur la vocation des prophètes, ainsi que le message de ces derniers.

Dans la soirée, plusieurs convives se retrouvent autour de lui, dans le Salon Zaïre de l’Hôtel Intercontinental de Kinshasa. Là au moins, la soirée VIP est filmée.

  • La mutation interplanétaire du souverain sacrificateur Kadima

En 1998, le Souverain Sacrificateur se décide de commémorer ses 70 ans d’âge, 50 ans de mariage, et 35 ans de sacerdoce, au cours d’une cérémonie qu’il compte organiser. Informé de ce projet, Kadima wa Kadima s’insurge de manière très virulente. 

Il écrit au Souverain, tel un fils à Papa, une lettre de douze pages dont l’essentiel consiste à lui interdire l’organisation de cette manifestation tant qu’il était en mesure d’épauler son père dans la réalisation de ce noble projet. À cette lettre, Kadima Muakuidi lui répond par une phrase : « Merci, mon fils, je vais m’exécuter ».

Au mois d’avril de la même année, le Souverain Sacrificateur projette d’effectuer un long voyage missionnaire. Mais bien avant, il convoque plusieurs réunions de travail avec les piliers. Au cours d’une de celles-ci, notamment celle du 25 avril, il informe ses proches collaborateurs d’un long voyage missionnaire qu’il projette et leur recommande de respecter les normes et principes de travail, de rester unis et surtout d’avoir présent à l’esprit qu’il serait toujours présent parmi eux.

Le dimanche 26/04/1998, le Souverain Sacrificateur se fit photographier avec tous les sacrificateurs qui étaient à la colline. Cette prise de pause de postérité continua jusqu’au lundi 27/04/1998.

Le mercredi 30 avril, il prit son vol pour la Sacrificature de Mbuji-Mayi où un accueil délirant et sans précédent lui est réservé. Mais, avant de quitter la résidence pour l’aéroport de Lungandu, le Souverain Sacrificateur tombe très fortement en sanglots pendant que l’assistance entonnait le cantique « Neupingane diba kayi mukelenge wetu «, quand reviendras-tu seigneur ?

À Mbuji-Mayi , ainsi que nous venons de le l’affirmer, l’accueil est très chaleureux. Ceci se lit par le nombre très impressionnant des véhicules qui forment le cortège. Le vendredi 1er mai, il préside le premier culte officiel. 

Au cours de ce dernier, l’oracle de Dieu par la prophétesse Nsele Badinebantu annonça : Peuple Sacrificateur, je te confirme qu’il y aura une nouvelle organisation au sein de mon Royaume en 1999.Personne ne s’approchera de moi. 

Je traiterai avec toi dans une nouvelle sphère. La nuit de ce même vendredi, la prophétesse Rsb Mujangi Luaba est lâchement abattue par les inciviques alors qu’elle se rendait à la permanence pourtant interdite.

Lorsque Kadima wa Kadima apprend que le Souverain Sacrificateur est à Mbuji-Mayi et que son état de santé est morbide, il joint le Magistrat Kanyama Mbayabo par téléphone à partir de son bureau de la présidence. 

Ce dernier lui passe le Souverain Sacrificateur qui lui confirme l’information de sa maladie. À l’issue de l’entretien, Kadima wa Kadima prend ses responsabilités et lui demande   de le rejoindre à Kinshasa toute affaire cessante. Ce dernier s’exécute aussitôt.

Le 31 mai, le Souverain Sacrificateur quitte Mbuji-Mayi pour Kinshasa à Kananga. À l’aéroport de Lungandu en transit, il est accueilli par les piliers de L’Église venus lui présenter les civilités. S’adressant au chef de Sacrificature de Kananga Rsb Mujinga Makolo, au bas de la passerelle sous l’aile de l’avion, il lui fit savoir qu’il était mal en point et recommanda que la Sacrificature de Kananga multiplie les intentions de prière en sa faveur.

Le dimanche 31 mai, en début d’après-midi, le Souverain Sacrificateur est l’hôte de marque de la Sacrificature de Kinshasa. Il est accompagné dans ce voyage missionnaire de son directeur des Relations publiques, le Rsb Ntambue Mbayi. Visiblement fatigué et affaibli, il est accueilli par un comité. 

Après les formalités d’usage, l’hôte de marque de la Sacrificature de Kinshasa est installé dans sa nouvelle résidence située sur avenue Sacrificas n°96 à Lemba. Depuis ce jour, son état de santé devient préoccupant jusqu’à son transfert en Afrique du Sud.

Dès cet instant, Kadima wa Kadima Luse se décide de prendre totalement son père en charge. Déjà à son arrivée à Kinshasa, il le confie aux cliniques Ngaliema pour les examens appropriés. Peu après, il le conduit personnellement aux cliniques universitaires de Kinshasa pour les examens plus élaborés au scanner, mais la santé continue à se dégrader.

Comme il avait promis à son Père, KADIMA WA KADIMA LUSE, qui est directeur des réserves stratégiques à la Présidence de la République, organise le « jubilé pour son père » dont il prend en charge tous les frais liés à l’organisation. Le jubilé va commémorer les 70 ans d’âge, 50 ans de mariage, et 35 ans du ministère sacerdotal du Souverain Sacrificateur. Le stade du 4 janvier de Matonge est choisi pour le déroulement des festivités.

Le 1er août 1998 est une grande journée. Le Stadium du 4 janvier est plein à craquer. Plusieurs délégations des différentes Sacrificatures sont arrivées à Kinshasa pour l’évènement. Plusieurs invités du monde politique, des responsables des confessions religieuses sont également conviées à la manifestation qui débute à 11h00, heure à laquelle le Souverain Sacrificateur fait son entrée, toute vêtue de blanc sous le rythme du cantique « Kadima nzambi enda ntunku buloba ebu m’buebe ».

La prière d’ouverture est dite par le Chef de Sacrificature Mayala Muyila tandis que le discours de circonstance est élégamment développé par le Rsb Kadima wa Kadima Luse alors que l’homélie du jour est faite par le Rsb Kabeya Mukenge Tshipuidishi.

La manifestation se termine par la bénédiction du Souverain Sacrificateur assortie peu avant d’une déclaration dont la teneur suit : regagnez vos domiciles en paix. Je vous confirme que le Christ est de retour au Congo. Il est incarné en un Africain. Toute L’humanité confessera son Nom. La manifestation prit fin et c’est fut là sa dernière apparition en public.

Après la fête jubilaire, l’idée d’évacuer le Souverain pour les soins appropriés à l’étranger se précise davantage. La Suisse est pointée du doigt. Malheureusement toutes les démarches en vue de l’obtention du visa traînent. Pendant ce temps, la fête pascale 1998 approche. Cette dernière se déroule dans des conditions particulières. 

En effet, en raison de l’agression dont le pays a été victime, le jeûne pascal est observé dans les sacrificatures sans déplacement à Kananga comme de coutume. À Kinshasa et à Kananga, le carême est organisé au niveau des Sous- Clans. Il faut noter que le Souverain Sacrificateur Kadima avait instruit à ce qu’aucune cérémonie n’ait lieu excepté la prière.

Fin novembre, début décembre, le Souverain Sacrificateur est hospitalisé aux Cliniques Ngaliema de Kinshasa. Devant le blocage des démarches d’obtention du visa pour la Suisse, un jour le Souverain Sacrificateur KADIMA suggère lui-même au Rsb KADIMA WA KADIMA de tenter du côté de L’Afrique du Sud. 

Cette proposition a juste suffi pour que la situation soit décantée. En effet, un bon jour Kadima wa Kadima essoufflé par les démarches rencontre un ami à lui, Monsieur Charles, neveu de son Eminence Diangenda Kuntima. Après s’être enquiert de la santé du père de son ami, il lui confie que les formalités pour L’Afrique Sud étaient faciles à réaliser et qu’il se portait fort pour aider son ami. Ceci promis, deux jours après le visa était délivré.

Avant de quitter Kinshasa, le Souverain Sacrificateur signe la décision confiant l’intérim de ses fonctions de Représentant légal à la Vénérable Patriarche Luse Kanushipi et au Rsb Kanku Ntuite Maloba celui de la Présidence du Collège. Par une autre décision, il créa LA FONDATION PROPHETE KADIMA qu’il confia à son fils, Kadima wa Kadima Luse. Une autre mesure et non de moindre porta sur les instructions relatives au déroulement des cultes des sacrificateurs. Cette mesure, il faut l’avouer, a fait couler beaucoup d’encres et de salives sur son authenticité pendant près de 12 ans. Finalement, sur proposition du KERUB, elle a été levée par L’assemblée Générale ordinaire 2010.

Le 27 janvier 1999, le Souverain Sacrificateur voyage pour L’Afrique du Sud. Avant de décoller l’avion fait plus d’une heure au sol et pour cause : la porte de l’aéronef ne se referme pas. Kadima wa Kadima implore l’intercession du Grand Maître. Ce dernier sourit doucement et ça y est, le portail fermé et après 3h00 de vol l’avion atterrit à l’aéroport international YAN SMITH de Johannesburg.

Toutes les dispositions sont prises pour acheminer aussitôt la délégation au Brunt Trust Clinic. Les premiers examens sont effectués par docteur Motty. Le lendemain matin Kadima wa Kadima qui loge dans un hôtel juste à quelques mètres de l’hôpital revint de bonne heure pour rester avec « son malade », vu qu’il ne connaissait personne dans ce pays zulu.

Incroyable, mais vrai, le Souverain est déplacé de la salle où il fut placé la veille. Kadima wa Kadima se déchire les vêtements. Il pousse les cris de douleur et de désolation, pensant que le malade est mort pendant la nuit et que son corps sera amené à la morgue. Peu de temps après, il se trouve un tout petit peu ridicule d’avoir pleuré pour rien, car son malade était encore vivant, mais placé dans une autre cellule.

Quelques jours après les premiers traitements, la santé du Souverain connaît tout de même une évolution. Le médecin affirme qu’il n’est pas malade, il est juste affaibli par la dégénérons des neurones moteurs : le « neron motor deseases ». 

Au vu de ces résultats et sur conseil du médecin, le père et son inséparable fils quittent l’hôpital pour louer une maison en vue de minimiser le coût du séjour dont il subit seul le calvaire. Cependant, un bon matin, il s’est rendu prendre son déjeuner de la journée qui constituait son unique repas, dans une cafeteria juste en face de la maison qu’il avait louée, il rencontre un compatriote congolais du nom de ILUNGA KALALA médecin neurologiste de son état avec qui il tisse vite l’amitié. Ce dernier lui apporte un concours non moins appréciable.

Le mercredi 19 février, le Rsb Kadima wa Kadima Luse se rend à Pretoria pour prolonger leur séjour en sol sud-africain. Au retour le soir, le Souverain lui demande s’il peut prendre du lait. Kadima wa Kadima s’exécute joyeusement. Puis il lui demande du thé. Kadima wa Kadima est très encouragé par toutes ces demandes. 

Après l’avoir servi, il s’occupe des soins de son malade. Il le transporte enfin dans sa chambre avant d’aller se procurer à manger au restaurant qui était en fait la cafetaria, Kadima wa Kadima prend la précaution de rentrer dans la chambre pour prévenir son père, pourtant son Maître, qu’il appelle affectueusement « mon bébé ». 

Curieusement, il le trouve en train de faire le hoquet, ayant vomi. Vite, Kadima wa Kadima se jette sur son père et la serre très fortement tout contre lui. Il le supplie tel un bébé de ne pas partir et le laisser seul dans ce pays lointain,

Dans l’entretemps, le docteur ILUNGA KALALA est arrivé et KADIMA lui lance les clés de la maison par la fenêtre et entre, accompagné du Docteur Chris MUALUKA. Ces deux docteurs tâtent le pouls du malade et affichent une mine de désespoir et disent à KADIMA, « tout est fini, papa est mort, Willy, courage, nous ne t’abandonnerons pas ».

Très stoïque, Kadima wa Kadima demande à son ami de prendre l’appareil de photo qui est posé sur la table de chevet et de tirer des photos. Puis l’irréparable est arrivé. Le Souverain pousse le tout dernier soupir. Dans un geste d’un effort ultime, il retient les flots de ses larmes qu’il n’a cessé de couler depuis leur arrivée en Afrique du Sud, dans la solitude, pour informer le reste de la famille. 

Il prend le téléphone et réserve la primeur de l’information à son frère Bakenge Kadima Luse à Moscou et ensuite il appelle le beau-père de Bosco, M. KATOMPA LUBILANJI à Kinshasa pour qu’il informe maman LUSE.

En ce vendredi 19 février 1999, à 20h, dans la ville de Johannesburg, KADIMA WA KADIMA LUSE venait d’être témoin de la mutation interplanétaire et dans une autre dimension, du Souverain Sacrificateur KADIMA, son compagnon, son père, son Homonyme, et son Maître.! Quel désarroi ! Quel bouleversement !

La triste nouvelle est diffusée au pays dans la même soirée dans la rubrique communiquée nécrologique de la Radiotélévision nationale. Les funérailles ont commencé dès le samedi à Kinshasa à la résidence familiale à Lemba et au siège de l’église à Limete. 

 

Aussitôt, le docteur ILUNGA KALAL appelle la police arrive et constate le décès. Quelque temps après la pompe funèbre arrive, le corps est acheminé à la morgue. Quel drame Le mercredi 03 mars, la dépouille mortelle de l’illustre disparu arrive à Kinshasa. Elle est accueillie par la Vénérable Patriarche Luse Kanushipi qu’entoure le secrétaire général Bakenge Kadima Luse arrivé pour la circonstance au pays la semaine du 23 au 28 février. De l’aéroport de Ndjili, la dépouille est conduite par un cortège monstre au Parc de Boeck pour la veillée mortuaire.

20h30, la sirène du corbillard a retenti. Un silence de mort est observé dans la salle. 20h45, la dépouille transportée par les piliers de l’Église pénètre dans la salle sur le ton du cantique « mukelenge wa bakalenge mfumu wa ba mfumu ». Toute la salle pleure debout avec espoir. 

C’est avec cette chanson entrecoupée de pleurs et reprise en chœur par toute l’assemblée que le Souverain Sacrificateur est accueilli. Après vingt minutes d’émouvante émotion, le modérateur de la soirée mortuaire le Rsb KAMBALA NKONGOLO invite l’assemblée à prendre place et invite la Vénérable mère Patriarche de dire la prière de circonstance, ce qui fut fait avec un courage exceptionnel. 

Après la prière, le modérateur annonce le programme de la veillée mortuaire constituée d’hommages et des condoléances adressées à la famille et au peuple de Dieu, le dépôt des gerbes des fleurs au bas de catafalque.

Le mardi 4 mars, le corps a été levé pour Kananga après qu’il ait reçu les derniers hommages de son Excellence André Claudel Lubaya Gouverneur de la Province du Kasaï occidental.

La nouvelle de la mutation interplanétaire du Souverain Sacrificateur Kadima est arrivée à Kananga le jeudi 20 février par le biais de la phonie Zenobia située en plein centre-ville. C’est le Rsb Kanku Ntuite Maloba qui se charge de la transmettre aux Rsb Mbote Nkongolo et Yamba Shilayi respectivement coordinateur des finances et administratif. Kanku Ntuite leur livra courageusement : « hier soir, nous avons appris la nouvelle selon laquelle notre Maître n’est plus ».

Le même samedi à 15hoo, une réunion extraordinaire du Collège Sacerdotal est convoquée par la voix des ondes de Kasaï Horizon Radio Télévision. Elle se tient finalement à 19h00. Le message est transmis. Les charismes qui montent généralement à la veillée charismatique se regroupent de manière suspecte. En définitive, le culte a lieu, le message est transmis. Tout le monde s’affole, tout le monde pleure, tout le monde est en sanglots. Quel bouleversement !

Avant l’arrivée de la dépouille, les réunions, les concertations se multiplient pour l’organisation des funérailles dignes tant on sait que Kananga est la capitale de la Sacrificature, le siège social de l’Église et le Souverain Sacrificateur y a vécu la grande partie de sa vie.

Le jeudi 04 mars, l’aéroport de Lungandu est archicomble. La ville de Kananga est prise d’assaut par des foules immenses qui rendent la circulation difficile. Vers 12h00, le régulier de CAL atterrit. La dépouille est placée dans un véhicule de la police nationale ainsi qu’un bon nombre des policiers et aussi le maire de la Ville de Kananga, qu’avait demandé le président provincial de l’AFDL, MUANZA SHIKAYI.

Les larmes et gémissements fusent de partout et personne ne sait contenir son émotion. Après les formalités d’usage, un cortège monstre que l’on voit rarement sur les artères de la ville se déferle à la colline Sacrée Bushala Buamba qui est noir de monde depuis les petites heures du matin.

Quand le nez du premier véhicule du cortège pénètre l’entrée de la colline, les foules sont électrisées, les femmes veulent se déchirer les habits, le public est difficile à contenir, les éléments chargés d’assurer l’ordre public sont dépassés. Même une mouche a difficile à se frayer du chemin. Finalement, la dépouille est déposée sur le catafalque confectionné par les RSB BUABUA BADIBANGA et KATANGA.

Après quelques cantiques de circonstances, la prière est dite par le chef de Sacrificature la Rsb Mujinga Makolo.

Les funérailles ont duré trois jours conformément à la doctrine de l’Église Évangélique des Sacrificateurs. Au cours de ces dernières, la population Kanangaise, les autorités politico-administratives et religieuses, les notabilités de la place ont été conviées à rendre les derniers hommages à l’illustre disparu. 

Le moment le plus poignant de ces funérailles était venu lors des témoignages livrés par la Vénérable Patriarche et le Rsb Kadima wa Kadima Luse, témoin de la tragédie. À chaque instant de ceux-ci, en effet, des gémissements s’élevaient de partout, surtout lorsque la Vénérable mère relève : 

«  Qu’un jour le Souverain Sacrificateur lui pose la question de savoir  pourquoi Jésus Christ était-il mort ? Pour la rédemption, répondit-elle. Il rétorque avec instance, mais sais-tu pourquoi moi je meurs. Devant le silence de son interlocutrice, il lâche : « Je meurs pour la prospérité matérielle du peuple sacrificateur ».

Le samedi 6 mars de 11h00 à 17h00, un culte de circonstance est célébré à la colline sacrée Bushala Buamba, et peu après la dépouille a été déposée dans un mausolée érigé à cette fin. Adieu ! Souverain Sacrificateur KADIMA. Adieu !

La mutation de Kadima Muakuidi bien qu’étant une énorme perte, n’a pas pour autant ébranlé la foi des milliers des fidèles disséminés à travers les coins et recoins de la République Démocratique du Congo pour la simple raison que l’oracle de Dieu l’avait déjà si bien prédit à travers plusieurs prophéties dont nous relevons quelques extraits ici.

  • Le décès du souverain sacrificateur travers l’oracle de dieu 

Le Souverain Sacrificateur Kadima n’est pas mort comme tout le monde. Il savait pertinemment bien depuis plusieurs années qu’il disparaîtrait physiquement un jour, raison pour laquelle il a commencé par sa notice biographique. À travers cette dernière, il voulait dire, lorsque l’on pousse très loin la réflexion, qu’il était un homme fait de poussière, et tel, il retournerait dans la poussière.

Dans sa conférence au Palais du Peuple de Kinshasa, le 17 septembre en 1989 dont le sujet était : « LA RELIGION DE L’AN DEUX MILLE, EST-CE LA FIN DU CHRISTIASME ? » le Souverain Sacrificateur Kadima avait soutenu que la mort était un véhicule spatial, elle était une loi immuable et voie obligée par laquelle devrait passer tout être humain fut-ce-il soldat, prince, roi, esclave, savant, riche, pauvre, sorcier, même le prophète aussi.

Le Souverain Sacrificateur parlait déjà de sa mort de son vivant. Nous l’avons entendu de son vivant au cours de plusieurs exhortations, méditations et prédications dire que lorsque je m’en irais un jour, lorsque je ne serai plus avec vous et à quelque mois de sa mutation interplanétaire s’adresser au vénérable patriarche Luse Kanushipi en ces termes qu’il mourrait pour libérer la prospérité matérielle du peuple sacrificateur à l’instar de Jésus christ qui est mort pour la rédemption.

Prophétiquement, le souverain sacrificateur Kadima a annoncé sa disparition à plus d’une occasion. En effet, déjà depuis la pâque en 1995, après la prophétie MUANANI TUASAKIDILA BUALU MUNTU MUAKUIDI WA KU MUENEKA, Souverain Sacrificateur se comportait comme un sportif ayant remporté une grande victoire ; son attitude, à observer de plus près était comparable à une personne qui se frottait les mains.

À partir de cette période, l’oracle de Dieu était orienté vers la prospérité matérielle. Le Souverain Sacrificateur Kadima avait réussi un grand pari : transformer intégralement l’homme qui devait dès cet instant prendre ses responsabilités totalement et complètement pour exercer le sacerdoce universel. Ayant accompli cette mission très délicate sur le plan spirituel, le Prophète Kadima s’est engagé dans une âpre lutte pour libérer la prospérité matérielle du peuple de Dieu. L’oracle avait abondamment annoncé à ce propos que : « M’VITA YA BINTU MMIKOLE », un combat périlleux !

En 1994, la prophétesse BIBOLE BISUMBULA de Kananga esquisse un tout petit peu la mort du prophète. Dans l’un de ses oracles, elle parle de la grande métamorphose. En effet, dans une sorte de métaphore, elle compare le Souverain Sacrificateur Kadima à une larve et l’invite à se métamorphoser pour devenir une nymphe et ensuite un insecte. Elle prophétise : « TSHIMAYI UBULUKA, TSHIKONDO TSHIA KUBULUKA KWEBE TSHIAKUKUMBANA. THIMAYI TEKEKA, DIKOBA DIA BUNTU DIA KUNKANGESHA ». Autrement dit, la chair humaine constitue un obstacle pour le fils Dieu, il voudrait s’en débarrasser. L’Éternel annonce une grande disparition.

Entre cette année et 1998, le Souverain Sacrificateur Kadima est hospitalisé au Bon Berger Tshikaji à Kananga et a subi même une intervention chirurgicale. Après s’être totalement remis en santé, il ordonne un baptême de purification sur toute l’étendue du royaume des sacrificateurs.

En 1998, l’oracle de Dieu a développé abondamment le sujet relatif à la mutation interplanétaire du Souverain Sacrificateur Kadima. Au cours du culte officiel de vendredi du 15 mai dans la Sacrificature de Kasai-Lungu, la prophétesse Kayowa Kazumba précise : « MUBELU WANYI KASUABANGA NDI NGOWA BIANZA.KAKUENA KABIDI MUANA WA  MUNTU UTANGILA MENU ANYI ; MUBIDI WANYI MEME KADIMA NE USOKOME.KANUAKUNTANGILA KABIDI TOO.1999 KANUAKUTANGILA KABIDI MUBIDI WANYI ».

Cet oracle est très riche et dans sa profondeur et surtout dans sa précision sur l’évènement, précision sur l’année. La prophétesse annonce clairement la mort. Qui pouvait y croire. Tout en gardant intact le fond de cette prophétie, NSELE BADINEBANTU, la développe sous une autre forme, mais 14 jours avant à Mbuji-Mayi, le 1er mai 1998, elle annonce : 

« 1999 NE KUIKALE BULONGOLODI BUKUABO.1999 KAKUENA MUNTU USEMENA BAPUIPI NANYI BUAKUNGAMBILA BUALU.1999, NE NGIKALE TRAITER MALU MU BISASA BIKUABU JIKIJAYI NANYI MABANZA. » L’oracle de Dieu invite les débiteurs du fils de l’homme d’en finir avec lui puisqu’il n’aura plus le temps de traiter avec eux humainement, il s’en va pour une autre sphère.

Au mois de juin 1998, mois jubilaire s’approche. À Kinshasa où s’organise la grande fête des cinquante du mariage du Souverain Sacrificateur Kadima, KUYELEKE KASENGA joue au clairon : « BUALU BUA MPNGI MBULELELA, NAKUTANGILA TSHIPEPELE TSHIKOLE.NDI NDIMUISHA TSHISAMBA UTABALE, ULEKELE MATANAJI, c’est-à-dire, un vent violent souffle déclare le prophète, il invite par ailleurs tout le peuple sacrificateur à la vigilance toute azimute. 

Il enchaîne en outre, en disant : « MEME KADIMA MUNTU NDI MUSUE KUMUSHA TSHISEBA TSHIA BUNTU.BUNTU BUANTI BUA KUJIKA ». Cet oracle complète en quelque sorte, ici encore, celui de BIBOLE, qui déjà en 1994 avait prédit que la nature humaine de Kadima Muakuidi érigeait en obstacle. Il décide de s’en débarrasser. Il invite sa famille, ses amis, les sacrificateurs pour les derniers adieux au jubilé du 1ER août 1998 organisé au stadium.

Au culte du 24 avril 1998 à Kananga, en présence du Souverain Sacrificateur lui-même, le prophète DIESSE KAZADI, paix à son âme, compare le Christ à une larve. En effet, dans tout processus de métamorphose, la larve se transforme toujours en papillon pour s’envoler, qu’ainsi donc il déclare : 

« MEME KILOSTO NDI LOPOSE.TSHIKONDO TSHIANYI TSHIAKUBULUKA TSHIA KUKUMBANA ». Toujours au cours de culte, l’oracle de Dieu annonce : « KANANGA NDIYA LUENDU LULE.NUNTENDELELE BUBA MONE.NUSHALA TSHIANZA MU TSHIANZA ».Au cours de ce culte, les piliers qui entouraient le Souverain Sacrificateur, présidant le culte, l’observer en train d’essuyer les larmes et tomber fortement en sanglot.

Dans la Sacrificature d’Ilebo, au cours du culte officiel du 31/JANVIER/2012, le prophète KADIMA KALALA révèle : DIAMBEDI NE BIDIMU 2002 KABIYI BIANJI KUKUMBANA, MUBIDI WANYI NE WIKALE MUENYI.NE NYE KUSOMBA NE BANA BENU BAKALALA TULU MU LUFU. » KADIMA KALALA prédit déjà cette année-là, la présence du fils de l’homme au séjour des morts.

Conclusion partielle

En guise de conclusion, nous pouvons noter que le Souverain Sacrificateur KADIMA est décédé en laissant derrière lui, un peuple de Dieu mûr et uni, dont la foi solide est ancrée sur un support doctrinal imparable.

En outre, bien que l’oracle de Dieu ait prédit la mutation interplanétaire du Prophète, je prends toutes mes responsabilités pour affirmer que personne, alors personne ne pouvait s’imaginait qu’il allait nous quitter aussitôt.

Par ailleurs, je voudrais relever que de son vivant le Prophète fondateur n’a pas évoqué directement la question de sa mort et de sa succession ni dans les statuts de l’Église, ni dans les enseignements ni même dans ses déclarations.

Enfin, je me dois d’avouer qu’en dehors du patriarche Nkambua Luse, aucun fils du Souverain Sacrificateur Kadima n’a pas été véritablement initié par l’académie royale.

L’on peut me rétorquer que son fils aîné était secrétaire général. Cependant, il y a lieu d’objecter qu’il était Secrétaire général protocolaire, cérémonial et administratif. Après ses études à Lubumbashi, il a préféré résider à Kinshasa au lieu d’être à Kananga, siège social et administratif de l’Église. En 1995, il a rejoint son épouse, feu MWIKA en Russie jusqu’à la mort du Prophète.

Le puis né de Bakenge Kadima Luse, bien qu’il soit un homme évènementiel, nul n’ignore ses ambitions politiques pendant la deuxième République. Après 1984, il est parti pour la France pour ne revenir que vers les années 1990 avec dans sa gibecière le forum des Démocrates pour le renouveau. N’eût été la maladie du Souverain Sacrificateur, je parie qu’il serait retourné en France.

Le jeune frère à Kadima wa Kadima Willy, bien qu’ayant fait bonne prestation dans l’encadrement musical de la jeunesse de l’Église, il a néanmoins été désigné pour diriger la Sacrificature de Likasi en remplacement de l’épouse de son oncle paternel décédée peu après la RSECA de Demba. Il est resté à Likasi jusqu’à la mort du SSK.

Deux autres fils du SSK Badibanga Kadima Luse et Nusuangane se sont installés au Canada grâce à la bourse obtenue par le RSB. BADIBANGA grâce au SSK. Les deux cadets MULAMBA et BUTUMBI peuvent avoir des excuses légitimes à cause de leur âge. Cette absence d’initiation à l’académie royale ne justifie pas la construction du triangle.

La sacrificature en triangle

Avant d’aborder ce chapitre, il me paraît indiqué de vous parler de la gestion de la succession du Souverain Sacrificateur Kadima à la tête de l’Église, de placer un mot sur la capitulation de Nkanku Ntuite Maloba. Qui suscitera le Souverain Sacrificateur Kadima ?